Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le labo d'Emmessem

#DoctorHine II - Chapitre 3

29 Juin 2013 , Rédigé par Emmessem Publié dans #DoctorHine

Chapitre 3

Le Docteur Matthew Jeffrey Hine avançait dans les plus profonds, les plus sombres, les plus lugubres bas-fonds Parisiens, seul. Ou du moins, il aurait préféré l’être, car tout ça n’était qu’apparence. En réalité, il était suivi par une armée de femmes, dangereusement surarmées, tapies dans l’ombre, chassant avec lui la Créature qui les terrorisait, qui les avait poussées à se replier dans les sous-sols. Il ne comprenait pas bien en quoi sa présence allait les aider et se doutait qu’elles en avaient après son arme, – même si le formuler de la sorte lui semblait étrange – mais encore une fois c’était la curiosité qui l’emportait sur sa logique. Ah, si seulement il avait une Force supérieure vers laquelle se tourner quand les émotions l’emportaient sur son esprit, il n’en serait pas là, à s’enfoncer dans l’un des pires endroits de l’Europe, suivi par un rassemblement lui évoquant le terrible mythe des Amazones. D’ailleurs, l’une d’entre elles s’était rapprochée de lui et lui souriait.

« Dites-moi Azéline, d’où vient cette organisation ?

- La Direction de la Surveillance du Royaume ?

- Appelez-la comme vous voulez.

- Une idée de Louise I. Des femmes surveillant l’intérieur de la France. Nos…attributs permettent des manipulations plus faciles.

- Vous me manipulez ?

- Non, mais nous sommes la seule défense face à la Créature.

- Et pourquoi, moi ?

- Votre expérience. Quand tout ça sera terminé vous pourrez partir, sans que votre nom ne soit mentionné dans nos rapports. »

Hine espérait bien que son nom ne serait pas mentionné. Une fois cette affaire résolue – s’il la résolvait – il avait intérêt à se faire oublier, quitte à changer de chapeau ou de veste, ce genre de détails sur lesquels pourraient s’appuyer des journalistes et des écrivains plus ou moins excentriques pour faire de lui une icône, infaillible, ayant toujours raison – mais ce n’est pas ce qu’il était. En effet, l’homme était loin d’être un exemple et il était encore moins un chasseur de monstres, contrairement à ce que les gens qui l’entouraient semblaient croire.

Continuant d’avancer, Matthew se mit à frissonner en entendant des grognements qui raisonnaient dans toute la ville, faisant trembler les murs des immeubles, faisant sortir des habitants dans la rue pour voir ce qui se passait. Le Docteur comprit aussitôt que définitivement….

« Vous n’avez pas besoin d’un détective consultant, n’est-ce pas ? »

Azéline ne répondit pas. Elle-même savait que la question de son « compagnon » était purement rhétorique et n’avait pas envie d’affronter ses reproches, sa haine. Même si elle était tout à fait consciente que c’était inéluctable.

Le groupe se rapprochait de l’origine des bruits stridents et Matt observait Azéline, incapable de détourner le regard, conscient maintenant qu’il avait saisi qu’il n’était là que pour servir de machine de guerre, qu’il pouvait partir et laisser ces dames seules, les abandonnant à leur triste sort. Il ne leur devait rien, il était un britannique, un des docteurs les plus renommés de l’Empire-Uni. Alors pourquoi restait-il ici ?

Il n’allait pas avoir le temps de répondre à cette question et y chercherait une réponse s’il survivait. En attendant une autre question lui venait à l’esprit : quelle était cette chose qui venait de passer à travers la fenêtre d’une habitation, couverte de poils, haletante, gémissante et se rapprochant dangereusement de Hine.

« Le Chien des Baskerville ?

- Non, Docteur. C’est la Bête du Gévaudan. »

Partager cet article

Commenter cet article