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Le labo d'Emmessem

#DoctorHine II - FINAL

11 Juillet 2013 , Rédigé par Emmessem Publié dans #DoctorHine, #HeroCorp, #LeVisiteurDuFutur

Bonjour à toutes et à tous!

Alors vous avez vus la bande-annonce d'Hero Corp et l'annonce de la saison 4 de Le Visiteur du Futur ? J'espère que côté anglo-saxon, on aura des annonces du même type durant ces 4 jours. Comic Con San Diego commence aujourd'hui! 'fin là n'est pas le sujet;

Etant donné que le Docteur Hine avait pris une certaine avance la semaine dernière, il est des plus normales qu'il la conserve cette semaine, avec rien de moins que le dernier chapitre de cette deuxième aventure intitulée Révolution.

For people who go to Comic Con San Diego : enjoy.

Pour les autres : bonne lecture!

#DoctorHine II - FINAL

L’évolution est un principe refusé par le plus grand nombre mais admis par l’élite de la société. Les meilleurs scientifiques et philosophes de l’Empire-Uni et d’ailleurs avaient passé la deuxième moitié du dix-neuvième siècle à essayer de comprendre et de démontrer ce procédé. En effet, malgré la simplicité apparente de la chose, l’amélioration progressive d’un être humain, animal ou végétal, sur un plan physique ou mental était extrêmement complexe. Les changements dus à l’évolution, sont dans la plupart des cas définitifs, mais surtout rares et terriblement longs. A l’inverse, la révolution est un phénomène fréquent poussant l’homme d’un premier point à un second par une suite de faits liés entre eux par un raisonnement théoriquement logique, pour au final revenir au point de départ. On pourrait résumer plus simplement en expliquant qu’en évoluant, l’homme va de l’avant alors que lors d’une révolution, il tourne en rond.

La créature qu’on appelait « la Bête du Gévaudan » était en réalité une évolution de l’humanité, un stade supérieur, à mi-chemin entre l’être humain et le loup vers lequel auraient pu se tourner l’ensemble des hommes, pouvant même développer plusieurs races d’hommes-animaux. L’homme serait à terme devenu le Mutant décrit par les biologistes adhérents aux théories de l’évolution, si tout ça c’était passé autrement. Mais la Révolution Corse, malgré ses apparentes conséquences positives comme l’accession d’une femme au pouvoir et de véritables réformes pour les conditions humaines, les Français étaient restés des animaux, des êtres ayant peur de l’inconnu et chassant ce qui les effrayait. Cela étant, la France n’était pas un cas isolé et habitants de l’Empire-Uni auraient agi de la même façon.

Ce monde est une cause perdue.

Telles étaient les pensées sombres occupant l’esprit du Docteur Hine qui attendait passivement, assis dans une gare parisienne, le regard vide, les mains croisées, n’ayant comme compagne que la mort et le désespoir.

« Docteur, vous allez bien ? »

Encore cette voix, toujours cette voix aigüe et suscitant désormais une haine incommensurable. Matt releva la tête, regardant Azéline droit dans les yeux. Il ne savait pas ce qui le retenait de la frapper, encore et encore jusqu’à ce que la vie n’abandonne son corps, pour déclencher une nouvelle guerre de cent ans, qui durerait un peu plus longtemps mais qui s’achèverait mathématiquement sur la victoire de l’Empire. Une certaine décence sans doute. Il se contenta de répondre tout en écartant les bras :

« Je n’ai perdu aucune partie de mon corps, tout va bien.

- Ne donnez pas dans le cynisme. »

Hine se leva, pointant du doigt ce qui était aux yeux des badauds attendant le train à vapeur, sa compagne, venue enclencher une scène de ménage.

« Je ne suis pas cynique. Si je n’avais pas pris soin de diminuer la puissance de mon arme pour éviter que le carnage de Londres ne se reproduise, votre petite amie…

- La Reine.

- Reine ou pas, elle nous aurait tous tués.

- Mais personne n’est mort. Vous êtes un héros.

- Il est mort ! Le Loup est mort ! Je suis absolument tout sauf un héros. J’ai participé à un génocide. Partez, maintenant. Plus aucun humain ne m’adresse la parole aujourd’hui.

- Vous ne vous considérez donc pas comme un humain ? »

Se rasseyant à défaut de répondre, le Docteur essayait de faire comprendre par la gestuelle à un homme situé à quelques mètres du « jeune couple » que sa « femme » était complètement folle. Evidemment, il se considérait comme un humain, le contraire aurait été ridicule, il en avait pour le moment toutes les capacités et contraintes physiques. Le problème venait du fait qu’il n’appréciait pas d’être au contact avec ses semblables. Cependant, il ne se considérait pas meilleur qu’eux, même pas intellectuellement. Il pensait juste autrement, essayant d’avoir une vue d’ensemble de chaque situation, de ne pas penser qu’à son propre confort, dans la plupart des cas. Ce qui ne le rendait pas infaillible – c’était même souvent l’inverse. Dans tous les cas, à la prochaine parole qui lui était adressée, témoins ou pas, il commettrait un meurtre.

« J’ai quitté la Direction de la Surveillance…

- Qu’est-ce que vous n’avez pas compris dans « Partez, maintenant. » ? répondit Hine de la voix la plus calme possible, tentant de masquer une rage exponentielle alors qu’il dégainait l’arme qu’il avait lui-même confectionné, doit-il s’était servi pour gagner une guerre, pour sauver Londres et qu’on lui avait emprunté sans son accord. Ses mains tremblaient, son visage était couvert de sueur. L’idée d’avoir tué une fois de plus le hantait.

- Je suis partie Docteur, j’ai quitté mon poste, j’ai abandonné la Reine. fit Azéline, sûre d’elle malgré un léger balbutiement, se protégeant la figure avec un bras, comme si celui-ci pouvait réellement protéger son corps d’une balle qui implose à partir de la vapeur. »

Matthew stoppa son geste et mit un temps à comprendre ce qu’elle voulait dire. Ca n’avait aucun sens. Et pourtant, pensant saisir, il laissait la haine disparaitre de son visage pour qu’un sourire puisse lentement se dessiner. Azéline quant à elle, essuyait des larmes, qu’elle voulait dissimuler. Sanglotant, elle commença :

« Je veux vous suivre dans vos aventures.

- Je ne vis pas d’aventures. Je suis un scientifique.

- Je veux découvrir la science avec vous.

- J’étudie des sciences dangereuses.

- Je n’ai pas peur du danger. Et si je vous laisse voyager seul vous allez encore vous faire voler votre pistolet. »

Azéline marqua une pause pour saisir le couvre-chef du britannique avant de regarder le sol.

« Chapeau melon et bottes de cuir, ça ferait un bon nom d’équipe, non ? »

Un bruit strident. Le train était là. Récupérant ce qui lui appartenait, Hine sourit suivi par sa nouvelle compagne.

« Si. Mais pourquoi pas les Vengeurs ? »

Lui-même le savait. En ce jour, alors qu’il choisissait de travailler en équipe, d’accepter le contact quotidien d’une jeune femme, il n’évoluait pas, car personne ne change vraiment, surtout pas lui. Il entamait juste sa propre révolution.

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