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Le labo d'Emmessem

Critiques de l'été 01 - Science de l'humour

22 Juin 2014 , Rédigé par Emmessem

Lecteurs et lectrices, bonsoir.

Alors, moi ce qui m'énerve, en été c'est que...

Non. Je ne vais pas vraiment critiqué l'été, même s'il y a sûrement matière à le faire. Déjà parce que ce serait sûrement plus drôle si c'était fait devant une caméra avec un montage en Jump Cut et des gros textes en blanc qui apparaîtrait derrière moi de temps en temps. Mais aussi car la première moitié de l'année est terminée, concluant un premier arrivage de films. J'en ai vu 8 - soit en moyenne un peu plus d'un par mois, mais si on se met à calculer avec des dixièmes et des centièmes, ça voudrait dire que j'ai vu des morceaux de films et ce serait quand même embêtant - et je n'ai publié aucune critique depuis celle de Réminiscence.

Alors voilà. A la base cet article devait être un résumé global de mon avis sur ce premier cru 2014, et je me suis rapidement rendu compte que souvent j'aurais peut-être trop à dire - vous remarquerez d'ailleurs que rien qu'une simple introduction me prend 2 paragraphes et-demi - et qu'il serait plus simple finalement de faire des critiques séparées, même si elles ne font qu'une page Word en Arial 12 - oui, j'écris encore sous Word, mais ça pourrait être pire : je pourrais le faire en Time New Roman ou en Comic Sans MS.

Bon, je vais abréger, l'air de rien il y a encore du texte derrière : j'ouvre la rubrique "Les critiques de l'été", déclinable en "Critiques de printemps", "d'automne" et "d'hiver", mais qui est ici l'occasion de vous parler de tous ces films sortis en DVDs ou sur le point de sortir et que je n'ai abordé que dans quelques tweets.

On commence donc avec M. Peabody et Sherman.

Critiques de l'été 01 - Science de l'humour

Le cinéma et la télévision ont toujours aimé les animaux, sans doute parce qu’il est simple d’en faire de films ou de séries d’animation. Si le concept de chien qui parle n’a pas attendu Scooby-Doo et que l’idée que celui-ci soit plus intelligent que la moyenne et s’occupe d’un humain plus que l’humain ne s’occupe de lui a déjà été exploitée dans la série Corneille et Bernie, il pourrait être intéressant de voir un réalisateur exploiter ce type de duo dans un film qui surferait sur le succès de Doctor Who et toutes ces œuvres qui traitent de voyages dans le temps.. C’est le défi qu’a relevé Rob Minkoff pour les studios DreamWorks.

Connu pour son travail chez Disney sur Le Roi Lion et Stuart Little, il signe avec Craig Wright sa première œuvre pour la concurrence : M. Peabody et Sherman voyagent dans le temps. Et autant dire tout de suite qu’il faut espérer que leur collaboration continue encore et encore.

Dès le début, on comprend rapidement la relation au centre même du film : M. Peabody est un chien surdoué, rejeté par ses semblables quand il n’était qu’un chiot, et, devenu prix Nobel, il a obtenu tant bien que mal le droit d’adopter un bébé aussi seul que lui et a pour vocation d’en faire un génie. Le truc, c’est que pour apprendre à Sherman l’Histoire de façon pratique, il a construit une machine à voyager dans le temps. Mais on a beau voyagé dans le temps, on ne peut pas le fuir et l’inévitable moment où le garçon doit aller à l’école, où il se fera des ami(e)s et des ennemi(e)s ne tarde pas à arriver. Démarrage classique et qui aurait pu être un peu long si les dialogues n’étaient pas extrêmement drôles pour qu’enfin puisse commencer une comédie déjantée au cœur de l’Histoire, tout ça parce que Sherman a voulu impressionné une fille ! Là aussi, il faut avouer que c’est classique.

Mais ça n’empêche pas l’humour d’être omniprésent à toutes les époques, de la Révolution Française à la Renaissance Italienne, à travers des références historiques ou à d’autres œuvres de science-fiction cachées dans l’animation elle-même (voir comment reformuler) ou dans les répliques. C’est rythmé, les blagues sont amenées de façon régulière, millimétrées, atteignent presque toujours leurs cibles – ce qui est rare, surtout quand un film américain passe en version française – et forment une science de l’humour. Mais cette équation humoristique manque d’inconnues et le spectateur habitué des comédies peut voit venir la majeur partie des éléments qui la composent, un peu trop souvent prévisibles, bien qu’efficaces ! Par exemple, dire que c’est un film qui a du chien pour conclure cette critique serait drôle mais attendu.

Enfin, la critique n’en est pas encore à la conclusion et il reste quelques lignes pour résoudre ce problème. Et celui de M. Peabody et Sherman n’est pas tant dans l’humour définitivement maitrisé que dans le scénario lui-même. Les personnages sont sympathiques mais on a l’impression qu’ils n’ont pas été aboutis, de faire face à des archétypes de comportements qui se croisent pour les besoins de l’Histoire sans avoir été retravaillés pour avoir une certaine profondeur. Du fait, les moments d’émotion sont ratés et parfois gênants, même si en creusant un peu – trop ? –, on pourrait voir dans ce droit d’adoption pour un chien une métaphore de l’homoparentalité, surtout avec Guillaume Gallienne au doublage.

On rappellera quand même, comme pour justifier le manque de fond dans ces personnages que M. Peabody est l’adaptation d’un cartoon des années 50. En tout cas ça n’en reste pas moins une excellente comédie avec de l’animation bien foutue qui aura au moins le mérite de faire rire et grands et qui, se servant bien du genre, ne fera pas aboyer les puristes de la science-fiction !

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