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Le Labo d'Emmessem et Ben' D.

#Kin : Pilot

Je ne sais pas quoi dire sur Kin : Le Commencement. Ca m'emmerde, parce que je l'ai vu en avant-première et j'aime bien rédiger un petit avis dans ces cas-là, nourrissant l'espoir de récolter des likes sur SensCritique. Le problème, c'est que le film des frères Baker ne m'inspire rien. Regarder le néant aurait été plus enrichissant. Car l'abîme, lui aussi, regarde au fond de toi, selon Nietzsche ; honnêtement, j'ai lu ça dans un comics Marvel.

Miles Moralazero

Miles Moralazero

En réalité, Kin démarre de façon relativement sympathique, même s'il n'y a pas l'air d'y avoir beaucoup d'argent - les fameux producteurs de Stranger Things et Seven Sisters doivent être fauchés - avec la promesse d'une belle intrigue de science-fiction faite avec le coeur. On n'est pas à l'abri d'un nouveau Super 8 ou Attack the Block. Mais fuyez, pauvres fous à l'âme fragile, car vous n'aurez rien de tout ça.

Pourquoi s'intéresser aux personnages, quand on peut montrer les muscles d'un jeune acteur qui rêve de devenir Stephen Amell; les boobs de Zoe Kravitz et le quota minoritaire d'un gamin qui sait sourire ? Il vaut mieux concevoir des archétypes, avec des dialogues sortis des pires clichés du genre, des tropes attendus à des kilomètres et des méchants risibles. Ca permettra de construire un univers de science-fiction riche le plus rapidement possible.

En fait, même pas. L'intrigue peine à se lancer. Autant dire qu'elle ne se lance pas. Les mecs ont trouvé un putain de flingue de l'espace. Toute une mythologie aurait pu se développer, mais au lieu de se demander d'où il vient, les personnages pensent à leurs gueules de petits merdeux - je vais y revenir - et les scénaristes ne se rappellent que lors des dernières minutes du film qu'ils ont des réponses à apporter. Du coup, ça passe par des tunnels de dialogues explicatifs dégueulasses.

Voilà; Kin pourrait n'être qu'un blockbuster cliché qui souffre du syndrome du pilote ; au sens où une suite est nécessaire, parce que les mecs qui l'ont pondu ont oublié qu'ils étaient au cinéma et pas à la télévision. Car l'équipe du film a zappé quel'épisode suivant n'arriverait pas la semaine prochaine, mais dans un, deux ou trois ans, voire jamais : il y a quand même fort à parier que ce long-métrage se plante dans les grandes largeurs.

Mais Kin s'attaque aussi à mes valeurs. J'ai grandi en regardant des sagas de science-fiction aussi populaires qu'humanistes, en visionnant des adaptations de comics et en suivant des animes dérivés de shonen nekketsu ; tous les clichés du genre, en somme. Mes héros se surpassent pour triompher. Ils croient en l'amour. Et surtout, ils ne tuent qu'en cas d'absolue nécessité ; c'est ce qui les différencie de ceux qu'ils combattent.

Kin : Le Commencement n'est pas qu'un mauvais pilote de série fauché qui s'étale sur une heure et quarante deux longues minutes, dépourvu d'intrigue réelle, mais aussi affublé de personnages creux. C'est, avant toute chose, une insulte à la culture populaire et à ceux qui s'en nourrissent. Ca m'emmerde, parce qu'en 2017, Lionsgate a tenté de lancer une saga de science-fiction basée sur Power Rangers. Et c'était grave mieux.

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