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Le Labo d'Emmessem et Ben' D.

Doctor Who est de retour !

Salut lectrices et lecteurs,

Doctor Who est de retour ! Je l'évoquais dans un précédent article, la onzième saison a démarré le 7 octobre sur BBC One, tandis que France 4 en a diffusé le premier épisode dès le jeudi qui a suivi. Avec Chris Chibnall qui officie comme show runner et un nouveau visage - celui de Jodie Whittaker - la série britannique se refait une beauté à l'aube de ses 55 ans. Et dire qu'elle était attendue au tournant serait un euphémisme.

D'abord, il semble légitime de dire qu'il était temps que Steven Moffat quitte la série. Mais cette critique ne reviendra pas sur les saisons qui composent Doctor Who depuis son relaunch en 2005. J'y avais déjà consacré un dossier à l'époque d'Arsenik Films et il n'y aurait pas grand-chose à ajouter : les derniers épisodes mettant en scène de Peter Capaldi ont des qualités indéniables, mais les défauts et les facilités scénaristiques restent au rendez-vous. 

L'article que vous allez lire n'est pas tourné vers le passé. Bien au contraire, il a pour ambition d'aborder le futur de la série britannique. Car, c'est bien tout l'enjeu de cette saison 11 : conserver les fans de la première - mais aussi de la dixième ou de la onzième - heure de Doctor Who, tout en tentant de séduire de nouveaux spectateurs. Un pari que s'est juré de gagner Chris Chibnall avec une nouvelle ère ; la sienne. 

Still not ginger.

On savait depuis janvier 2016 que le scénariste qui allait prendre les commandes de Doctor Who après le départ de Steven Moffat serait Chris Chibnall. Impliqué dans le Whoniverse depuis les prémices de Torchwood, ce scénariste a aussi créé l'incroyable série Broadchurch avec David Tennant. Rien d'étonnant, donc, à ce que son Treizième Docteur soit incarné par Jodie Whittaker qui a travaillé à ses côtés. 

Mais donc le Docteur est devenu une femme ? Non, c'est un Seigneur du Temps et il est incarné par une comédienne exceptionnelle. Qu'est-ce que ça change, alors ? La série va-t-elle porter un message plus féministe, plus politique qu’auparavant ? Pas plus que ça : Russell T. Davies, sur les quatre saisons qu'il a chapeautées, mettait déjà un point d'honneur à écrire des personnages féminins creusés et intéressants. 

Ce choix de casting a pourtant secoué Internet. Doctor Who a été décriée par les trolls et portée aux nus par des féministes qui n'en regarderont jamais un épisode. Ca continue un peu partout, alors que pleuvent les pseudo-critiques qui se demandent si la série a réussi son changement de sexe ; c'est devenu un séri ? Mais spoiler alert, ce qui compte vraiment, c'est la qualité du show.  

The Doctor. Just The Doctor.

Apparue pour la première fois dans Twice Upon a Time, l'épisode de Noël 2017, le Treizième Docteur devait faire ses preuves dans The Woman who Fell to Earth.  Ecrit par Chibnall et réalisé par Jamie Childs, ce pilote avait, en plus, la lourde tâche d'introduire non pas un, pas deux, mais trois nouveaux compagnons. Un choix qui vient briser le duo de protagonistes habituel depuis 2005 et impose une image familiale. 

C'est d'ailleurs ces personnages qui sont plus intéressants dans les premières minutes de l'épisode, qu'il s'agisse du jeune garçon en quête d'identité Ryan Sinclair ou de Graham O'Brien, ce vieil homme qui cherche à continuer d'exister. Qu'en est-il alors de Yasmin Khan ? Elle a le potentiel pour devenir un protagoniste brillant, mais n'est pas encore suffisamment mise en lumière. 

Et en supplément de ces personnages prometteurs, Chris Chibnall sert un Docteur qui tarde à se montrer et qui peine à trouver sa caractérisation ; c'est le jeu de la régénération, comme l'a mainte fois expliqué le Dixième Docteur. Pour autant les ingrédients parsemés çà et là donnent envie d'en voir davantage : Jodie Whittaker incarne une nouvelle héroïne qui ne néglige pas pour autant son héritage. 

Capaldi Whittaker

Capaldi Whittaker

The Woman who Fell to Earth, c'est, finalement, un épisode tellement riches en émotions qu'on est prêts à lui pardonner son manque de rythme. Chibnall s'inscrit dans une démarche à mi-chemin entre celle de Davies sur les premières saisons de Doctor Who et ce que lui-même a fait avec Broadchurch. Il s'attarde effectivement sur la présentation de ses personnages et néglige son intrigue, sans pour autant l'oublier. Ce qui offre quelques moments épiques. 

Malgré tout, il manque quelque chose à The Woman who Fell to Earth qu'il est difficile de pardonner : malgré toute la sympathie qu'on peut avoir pour le Treizième Docteur, cette dernière ne parvient pas à se démarquer, à donner son identité à la série. Par exemple, avec le premier épisode de la saison 5, avait eu le talent de présenter avec brio le protagoniste campé par Matt Smith et d'imposer son style en un épisode. Nul doute que Chibnall le fera sur la longueur. 

Reflet de son époque sans clamer à qui veut l'entendre qu'elle est politiquement correcte, la saison 11 de Doctor Who démarre bien, mais son premier épisode incarne davantage une promesse qu'une réussite. Mais maintenant que les personnages sont installés, il n'y a plus qu'à les développer et à tisser une intrigue saisonnière efficace. Quelque chose qui fera sûrement pleurer ; car ça semble être la marque de fabrique de l'ère Chibnall. Doctor Who est de retour !

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