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Le Labo d'Emmessem et Ben' D.

Nicky Larson et la Bande à Fifi

Si ce mercredi 3 juillet représente l'arrivée de Spider-Man : Far From Home dans les salles françaises, il est aussi marqué par la sortie du DVD / Blu-Ray de Nicky Larson et le Parfum de Cupidon ; une autre production Sony. C'est l'occasion de revenir sur le film co-écrit et réalisé par Philippe Lacheau

Je n'ai pas l'habitude d'écrire à la première personne lorsque je rédige une critique de film, mais il me semble important de préciser que je n'ai pas grandi avec l'anime City Hunter. Issu de la génération Yu-Gi-Oh!, du Club Dorothée, je n'ai connu que Les Chevaliers du Zodiaque ou Sailor Moon, qui présentaient des héros plus justes et moins pervers. 

Mais j'aime le cinéma Philippe Lacheau, que j'ai découvert à la sortie d'Alibi.com, avant de visionner les deux Babysitting, puis d'aller voir Epouse-moi mon pote de Tarek Boudali. Ayant toujours cru au projet, ne comprenant pas la haine des fans du manga, je n'ai pas hésité à me rendre à l'avant-première de Nicky Larson et le Parfum de Cupidon.

Une photo qui en Jet

Une photo qui en Jet

Le dimanche 6 janvier 2019 au CGR Bruay La Buissière, Philippe Lacheau explique qu'il a dû faire valider son scénario par Tsukasa Hojo - l'auteur du manga City Hunter - avant de mettre en chantier son adaptation. Il ajoute ensuite qu'aucun des fans de l'oeuvre originale ne s'est plaint après l'avoir vue. C'est sur ces mots que le film commence.

Nicky Larson et le Parfum du Cupidon n'est pas une origin story. Il plonge son public directement dans l'univers de City Hunter, s'imposant comme un épisode de l'anime ; sauf qu'il dure 90 minutes et qu'il est filmé en prise de vues réelles. Aussi malgré de jolies scènes urbaines, le film peine à faire croire qu'il commence dans un Tokyo sombre et réaliste.

Même Nicky et Laura ne sont présentés qu'à travers une routine déjà huilée. Seuls les spectateurs qui les connaissent déjà ou qui ont envie de les découvrir vont s'attacher à eux. Cela n'empêche pas le duo formé par Philippe Lacheau et Elodie Fontan de fonctionner. Les deux s'inscrivent à merveille dans la logique "Je t'aime, moi non plus." des shonen

Une image qui ne soulève pas que des questions

Une image qui ne soulève pas que des questions

Il n'y avait aucun doute à avoir sur les capacités de l'actrice qui a commencé dans Clem à jouer la fille pleine de caractère, qui ne se laisse pas impressionnée par les remarques perverses de son collègue. En amont du film, c'est surtout Philippe Lacheau lui-même qui a reçu beaucoup de critiques : allait-il avoir le charisme nécessaire pour incarner Ryo Saeba 

Aussi bien sur grand écran, qu'à la télévision ou dans les salles qui l'accueillent pour assurer la promotion de son long-métrage, le comédien est devenu Nicky Larson. Les cheveux noirs, la veste bleue, le regard de tueur, mais jamais à court de bonnes blagues, Philippe Lacheau semble en permanence habité par son personnage : il réalise un rêve d'enfant.

Concernant le reste de la distribution, c'est un peu le Jump Force de la Bande à Fifi : pour le meilleur et pour le pire, la plupart des comédiens ayant joué dans un film de ce groupe comique, viennent incarner un personnage. Les plus importants sont évidemment Tarek Boudali et Julien Arruti  ; ce dernier étant à la fois comic relief et moteur de l'intrigue. 

Nicky Larson et la Bande à Fifi

Nicky Larson et la Bande à Fifi

Avant d'être une adaptation de manga, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon s'impose comme une comédie de Philippe Lacheau. Sa patte est omniprésente. La vulgarité des dialogues est suffisamment maîtrisée pour être drôle, il ose mettre en place des scènes aussi grandioses que ridicules et il se prête au même jeu de références que lors de ses précédents films.

Les easters eggs en question évoquent directement le Club Dorothée. Et à l'instar de ceux dissimulés au sein du Marvel Cinematic Universe, ces derniers sont suffisamment subtils pour ne pas venir perturber la narration. Néanmoins, ils constituent des gags à part entière, auxquels ne riront pas forcément les spectateurs qui n'ont pas les références. 

Mais qu'importe, puisque le film assume complètement ses origines : alors que les clins d'oeil à City Hunter sont nombreux, c'est le dessin-animé Nicky Larson en version française qui inspire davantage Philippe Lacheau. Ce sont les souvenirs d'un enfant qui sont portés à l'écran. Il a juste grandi et mieux assimilé ce qu'il regardait. 

MAMOUTH.

MAMOUTH.

Nicky Larson et le Parfum de Cupidon est un long-métrage généreux dans tous les sens du terme. Contrairement à l'adaptation de Spirou et Fantasio réalisée par Alexandre Coffre, le film n'a pas peur d'injecter de grosses doses d'action dans sa comédie. Ca donne lieu à quelques scènes jouissives, qui ne peuvent que séduire les amateurs de shonen.

Le scénario est, lui aussi, plutôt malin. D'abord parce qu'il a réussi à ne pas être là où on l'attendait, démontrant à tous ceux qui criaient au loup avant de l'avoir vu que si, il est fidèle à Nicky Larson. Mieux que ça, les frères Lacheau et Julien Arruti sont parvenus à valoriser et à justifier leurs prises de liberté. Au pire, on reprochera à l'enquête d'être un peu faible. 

Dans une industrie de divertissement où les super-héros prédominent, où Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre est le dernier bon film inspiré d'une BD européenne et où les Japonais peinent à adapter leurs manga, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon incarne peut-être l'alternative. Un film qui, malgré ses défauts, a été fait avec un amour profond du matériel de base. 

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