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Le labo d'Emmessem

Space Myths - Where No Man Has Died Before II

11 Août 2013 , Rédigé par Emmessem Publié dans #SpaceMyths

Le chapitre prépublié sur le blog d'Edwin Boyer avant la suite, tout de suite :

Space Myths - Where No Man Has Died Before II

Chapitre II - Brûler en paix

« Journal de bord de John Kosmos. An 3. Nous venons d’arriver sur Epic. Le sol semble pour le moins…stable. Impossible de savoir si l’air est respirable et il n’y a pour le moment aucun signe de vie intelligente en vue… commença le capitaine, s’adressant à un communicateur placé directement dans le bras de son armure, après avoir scruté les lieux.

- Parle pour toi. »

John, surpris d’être stoppé dans son monologue, quelque peu effrayé se tourna vers la source de cette interruption : son second. Plus de peur que de mal, mais il restait incapable de prononcer le moindre mot. Tous deux conscients qu’il fallait régler cette mission au plus vite, ils s’aventurèrent dans la forêt qui s’adonnait à eux. Avançant lentement, comme pour contempler chaque arbre, Kosmos n’était pas devenu un explorateur de l’espace pour s’extasier devant la moindre brindille mais devait reconnaitre que la Terre et ses quatorze merveilles du monde faisaient pâle figure dans un lieu où tous les recoins étaient naturels en plus d’être magnifiques. Ce n’était pas juste pour attirer les touristes martiens que l’on avait donné son surnom à Epic. Mais en cas de guerre, la planète de la paix et son merveilleux écosystème ne tarderaient pas à disparaitre.

D’ailleurs au fur et à mesure que les deux hommes avançaient, ils pouvaient constater des traces de violences laissées dans l’herbe – si c’était véritablement de l’herbe comme les humains la considéraient – ou sur les arbres, comme des taches de sang ou des marques de coups.

« Qu'est-ce que...?! »

Le professeur n'avait pas pour habitude de laisser paraître des émotions négatives, – au sens où elles le feraient passer pour un lâche, le terme le gênait car toutes les émotions étaient nécessaires, il n'y avait pas d'un côté les bonnes et les mauvaises de l'autre – préférant garder une certaine froideur quand la peur l'envahissait, ce qui n'était pas extrêmement compliqué, étant donné tout ce qu'il avait vu, avec ou sans son ami, capitaine de l'Archange. Mais cette fois, il n'arrivait pas à se contrôler. Il tremblait de toute part, balbutiait, prononçait involontairement des mots incompréhensibles, comme si toute la terreur qu'il avait cachée pendant ces longues années, ressortait.

Les deux hommes faisaient face impuissants à ce qui aurait pu être une ville ou un village selon la conception humaine – mais ce que c’était n’avait plus d’importance, tout brûlait. Les cadavres encore sanglant qui jonchaient le sol se consumaient dans les flammes, elles-mêmes dévorant des bâtiments. Le contraste avec l'utopie qu'ils avaient parcouru était trop grand pour rester de marbre, même John qui portait le poids de toute une galaxie sur les épaules, ne pouvait retenir les spasmes d'effroi parcourant son corps. L'enfer n'avait jamais été sur Terre, il était sur Epic.

« Tout va bien se passer Z, je te le promets. »

Kosmos mentait à son second, qui lui-même en était pleinement conscient. Depuis son enfance il avait toujours su quand quelqu’un de plus âgé, de plus gradé ou occupant une place plus importante que la sienne cherchait à lui cacher une sinistre vérité, et il s’amusait à démontrer en un discours plus ou moins long que ce qu’on lui racontait était complètement faux, faisant passer son interlocuteur pour un être si stupide que son quotient intellectuel devait être inférieur à celui d’un Brakine domestique – l’équivalent d’une huitre martienne.

Cela étant, le Professeur allait trahir ses habitudes aujourd’hui. Pas par respect pour son capitaine, ils étaient trop proches pour qu’il use de politesses dissimulant sa véritable nature. Il avait juste envie de croire en ce mensonge, voulant se persuader que tout irait bien, qu’ils pourraient sauver cette maudite planète et la quitter à bord de l’Archange. Il se prenait même à espérer que son double venu du futur apparaitrait pour le prévenir que tout ceci n’était qu’une perturbation temporelle et que ce n’était pas sa véritable destinée, même s’il savait que c’était tout simplement impossible et que ça relevait de la science-fiction – bien qu’il fasse partie de ceux qui adoptaient la théorie selon laquelle les voyages dans le temps avaient été découvert avant l’Age Sombre et que l’univers avait tellement régressé que toutes les civilisations avaient oublié comment faire, laissant la science devenir fiction.

Alors que son second essayait de s’enfermer dans des pensées scientifiques pour ne pas faire face au chaos qu’était la réalité, John Kosmos observait les lieux, toujours incapable de se déplacer, arrivant juste à bouger les yeux pour tenter de trouver ce qui avait pu provoquer une telle catastrophe. Soudain, attiré par un cri perçant les étoiles, il aperçut au loin une créature imposante, gigantesque, dépassant toute conception humaine, qu’il serait incapable de décrire, mais qui lui évoquait cependant les gravures représentant les mythes issus des premiers éclats d’intelligence de l’Humanité, des premières tentatives de l’Homme pour expliquer des faits scientifiques…mais en plus….terrifiant.

Luttant contre la paralysie, l’homme dut faire un effort qui lui parut surhumain pour activer le communicateur se trouvant dans son armure. En tant que capitaine, son ego avait du mal à l’accepter, mais ils ne s’en sortiraient pas seuls. S’il voulait limiter les dommages collatéraux, il devait faire appel à toute l’aide disponible. C’était son seul espoir.

« Archange ! Ici Kosmos ! Répondez ! Lieutenant ! Tamara, répondez ! Venez nous chercher au point d’extraction le plus rapidement possible. N’utilisez pas les téléporteurs, nous allons avoir besoin de tout l’équipage pour sauver cette planète. »

La voix de John était soudainement devenue aigue. Il avait peur et n’arrivait pas à se maitriser. Plus il passait de temps à attendre une réponse et moins il réussissait à contrôler son corps. Sa confiance en Tamara n’était et ne serait jamais ébranlé, il espérait juste que le reste de l’équipage était du même avis que lui et que chacun l’appuierait dans ses décisions.

Etrangement, alors qu’il faisait face à une situation qui pourrait s’achever sur sa mort, ce n’était pas la vie du capitaine qui défilait devant ses yeux, ce n’était pas ses nombreux exploits, ni même sa victoire lors de l’Ultime Jonction qui hantait son esprit, mais un regret. Le regret de ne pas avoir prêté plus d’attention à Tamara, dont le visage se gravait dans sa mémoire, s’imposant comme la dernière vision de son esprit à mesure que les secondes passaient.

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Ben Wawe 18/08/2013 14:10

J'ai préféré ce chapitre au précédent. L'histoire s'intensifie, les personnages se construisent. C'est pas mal.